Celle qui voulait conduire le tram
Résumé:
Pendant la Première guerre mondiale, les femmes participent à l’effort de guerre : elles remplacent les hommes partis au front, et accèdent à des métiers qui leur étaient jusque-là interdits. Mais lorsque la guerre se termine et que les hommes retrouvent leur poste, les femmes sont renvoyées chez elles et demeurent aujourd’hui les grandes oubliées de cet épisode de notre Histoire nationale… Ce roman raconte l’histoire d’Agnès Meunier, une jeune ouvrière textile. Agnès devient conductrice de tram, pour arrondir les fins de mois et envoyer plus de colis de nourriture à son époux Célestin, qui est soldat. Elle s’épanouit dans ce nouveau métier, qu’elle exerce pendant deux ans : mais lorsque la guerre se termine, elle est renvoyée sans un remerciement. Elle décide alors de rejoindre les sufragettes, un mouvement féministe formé sur le modèle des militantes anglaises, qui revendique le droit de vote pour les femmes françaises. Cependant, son mari Célestin, qu’Agnès aimait tant, revient blessé de la guerre et traumatisé par les combats. Il voit d’un mauvais œil l’engagement féministe d’Agnès et sa volonté d’émancipation. Il boit de plus en plus et devient violent envers sa femme. Agnès ne verra pas le droit de vote être accordé aux Françaises : mais sa nièce Luce rétablit la vérité quant à sa mort, et vote pour la première fois en 1945.
Publié par: Université Sorbonne Paris Nord

Commentaire:
Un récit historique bien construit et documenté, qui met en lumière différents aspects des luttes pour les droits des femmes en France dans la première moitié du XXe siècle. Le roman souligne bien le poids de la pensée dominante à l’époque, tout en étant bien écrit, avec un rythme soutenu. Agnès est un très beau personnage de femme volontaire et complexe, et son cheminement est traité avec beaucoup de finesse. L’autrice aborde autant les transformations de l’héroïne et son émancipation progressive que ses contradictions, ses moments de doute, et les préjugés dont elle n’est pas nécessairement exempte (vis-à-vis de l’homosexualité féminine, par exemple). La fin de l’ouvrage est très violente et permet de mettre en lumière les mécanismes conduisant à l’installation d’un climat de violence conjugale, jusqu’au féminicide.